Il y a les voyages d'affaires, et puis il y a ceux qui vous rappellent pourquoi vous êtes tombé amoureux des machines au départ.
Les Philippines appartenaient à cette dernière catégorie.
Avant même notre arrivée, le local

Cela en dit long.
À notre arrivée, nous n'avions que trois jours pour envoyer ce qu'on pourrait appeler un signal de détresse. Pas de longue préparation. Pas de campagne marketing. Juste un message simple : Nous sommes en ville. En route !
Vu le peu de temps écoulé, la participation a été vraiment impressionnante. Les motards sont arrivés prêts, fiers et enthousiastes. Les moteurs ont vrombi. Les casques se sont refermés. Pas de problème. Juste cette certitude partagée qu'un bon moment allait se produire.
Nous avons quitté Manille pour nous retrouver au milieu de ce qu'on ne peut décrire que comme un magnifique chaos mécanique.
La circulation dans la capitale n'est pas fluide, elle est chaotique. Les véhicules surgissent de toutes parts. Les jeepneys zigzaguent entre les voies comme guidés par leur seul instinct. Les camions diesel crachent des panaches de fumée noire. Un épais rideau gris de fumée flotte sur la chaussée. Les klaxons hurlent sans rythme. L'air est lourd de chaleur et d'essence.

On ne traverse pas Manille à vélo comme si de rien n'était. Il faut rester vigilant, rester attentif, et analyser la route comme si elle cherchait à vous piéger.
Et puis, presque soudainement, on arrive aux limites de la ville.
La congestion se résorbe.
Les voies s'étendent.
La ligne d'horizon s'estompe derrière vous.
Et la route s'ouvre comme une récompense.

Crédit photo : MIGGZ MOTO
Les collines surplombant Manille offrent des sensations de conduite parmi les plus addictives et inattendues qui soient. De longues courbes fluides permettent de trouver son rythme. Des virages en épingle serrés exigent une concentration maximale. Des dénivelés qui font résonner le vrombissement du moteur contre les parois rocheuses. Là-haut, les Dragsters semblaient vivre pleinement, agiles, précises et incisives, impatientes d'aborder le virage suivant.

Crédit photo : MIGGZ MOTO
On comprend très vite pourquoi les deux roues sont si importantes pour les Philippins.
En ville, elles sont synonymes de survie et de liberté. La possibilité de se faufiler dans un trafic qui bloquerait tout véhicule plus imposant.
En montagne, c'est la libération. Accélération, virage, sortie. On recommence. Pure satisfaction gravée dans l'asphalte.

Crédit photo : MIGGZ MOTO
Quelques jours plus tard, à Clark, nous avons constaté une nouvelle forte participation. Un cadre différent, mais la même énergie. C'est cette constance qui est remarquable. Il ne s'agit pas d'un événement ponctuel, mais d'une véritable communauté en pleine expansion.

On nous demande souvent pourquoi, en tant qu'entreprise italienne, nous accordons une telle importance à l'Asie.
La réponse est simple.
Dans de nombreux pays asiatiques, posséder un scooter haut de gamme revêt une importance culturelle presque équivalente à celle de posséder une supercar. Lors d'une soirée moto locale, un
Et ce lien n'est pas fortuit.

Aux Philippines, cet héritage trouve un écho très fort.
Notre distributeur, Access Plus, dirigé par Toti et Ted Alberto, est également le principal distributeur Ducati du pays. Ils connaissent parfaitement l'esprit et l'histoire de la marque. C'est une véritable passion familiale : leurs fils, Troy et TJ Alberto, sont pilotes professionnels de Ducati. Le sport automobile n'est pas seulement une activité parmi d'autres, il est inscrit dans leur ADN.

En parcourant le monde à la rencontre de distributeurs et de propriétaires, nous avons la chance de pouvoir appeler cela notre travail. Ce n'est pas que des routes de montagne et le vrombissement des moteurs. Il y a aussi des réunions, des séances de stratégie, de la logistique et des vols long-courriers. Mais traverser le chaos de Manille pour retrouver l'asphalte des montagnes nous rappelle précisément pourquoi nous faisons ce métier.
Une dernière chose.
Lorsque nous venons du siège, nous sommes souvent présentés comme des invités de marque. Des VIP.
La vérité est plus simple.
Les vrais VIP, ce sont les propriétaires.


Sans eux, il n'y a pas de communauté. Sans eux, il n'y a pas de culture. Sans eux, il n'y a pas de vie.
Et en roulant aux côtés des dragsters qui gravissent les collines surplombant Manille, leurs moteurs résonnant contre le béton et la roche, on ne peut s'empêcher d'être fier de ce que représente cet emblème.